
La situation de l'ours brun est « critique ». Pour le moment, le gouvernement français n'est pas à la hauteur concernant la protection du plantigrade. Le Parlement européen insiste donc fermement et devient plus pressant pour que des mesures concrètes soient mises en place.
Mi-octobre, un courrier a été adressé à la ministre de l'Ecologie, Madame Nathalie Kosciusko-Morizet. La commission des pétitions du Parlement européen « demande aux autorités françaises de bien vouloir intervenir dans les meilleurs délais afin de garantir la protection de l'ours brun ». La présidente de la commission rappelle qu'il existe une directive qui assure à l'ours brun un statut de protection stricte. Cela implique que les Etats membres se doivent de prendre toutes les dispositions nécessaires pour tenir cet objectif.
Cette lettre a été envoyée quelques mois après que notre ministre de l'Ecologie ait renoncé à un lâcher dans les Pyrénées. Cette action avait pour but de remplacer la femelle Franska, victime d'un accident de la route il y a 4 ans.
Les pro-ours, consternés par la décision de Madame la ministre, affirment que la population actuelle de l'ours n'est pas suffisante pour dire que l'animal est hors de danger. Pour eux, le gouvernement français a signé l'arrêt de mort du plantigrade au moins dans l'ouest du massif. Certains parlent d'intérêts électoraux. Quant aux anti-ours, la sécurité des troupeaux prime sur la survie de l'animal. Une cohabitation passive n'est malheureusement pas d'actualité.
Pour expliquer son « geste », la ministre se dit soucieuse vis-à-vis des éleveurs déjà touchés par la sécheresse. Il est donc inutile de les mettre davantage dans une situation délicate.
Les Associations pour la défense de l'ours tirent la sonnette d'alarme : « Si la France ne prend pas rapidement des mesures crédibles, la Commission européenne pourrait bien la traduire devant la Cour de justice européenne pour infraction à la directive européenne Habitats ».
Notre ministre peut prendre exemple sur son homologue canadien qui a déclaré, la semaine dernière, l'inscription de l'ours polaire sur sa liste d'espèces vulnérables ou menacées. Un décret a été publié dans le journal officiel. Cette volonté de protection implique la mise en place d'un « plan de gestion ». Le gouvernement a donc 3 ans pour développer ce dispositif. Malgré le fait que la chasse, surtout pratiquée par les Inuits, ne sera pas interdite, c'est un premier pas vers une réelle démarche pour sauver notre patrimoine naturel.
La SPA espère que Madame Nathalie Kosciusko-Morizet, malgré un climat électoral imposant certaines pressions, mettra au final la survie du plantigrade à l'ordre du jour. Notre Association se range aux côtés de ses consœurs pour que l'animal ait un jour une place à part entière dans nos montagnes.
Source : dépêche AFP - Novembre 2011
Photo prise sur le site de Wikipédia